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30 Juin 2022

L’influence des enjeux ESG sur l’investissement institutionnel mondial

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Proposé par

Edouard S.
Co-fondateur de manouvelleassurance.fr
Source :

Les enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

L’investissement institutionnel mondial est de plus en plus influencé par les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Les critères ESG c’est quoi ?

Les critères environnementaux et sociaux de gouvernance (ESG) rendent compte des agissements d’une société ou d’un secteur en matière d’environnement, de durabilité, mais aussi d’éthique, de respect et de responsabilité dans les ressources humaines. Ils influencent aujourd’hui de plus en plus l’investissement institutionnel mondial, en particulier dans le secteur de l’assurance.

En France, la loi de Transition énergétique pour la croissance verte, votée en 2015, a fixé un cadre ambitieux en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE).
L’article 173 impose aux investisseurs institutionnels, banques, assurances, sociétés de gestion, institutions de prévoyance, d’intégrer la communication (le « reporting ») d’informations extra-financières dans leur rapport annuel.
Au-delà des critères financiers habituels comme la rentabilité ou les perspectives de croissance, il s’agit dorénavant de pouvoir évaluer aussi la démarche RSE et les moyens mis en œuvre pour contribuer à la transition énergétique et écologique. C’est le rôle des critères dits « ESG » :  

  • E : le critère environnemental : la gestion des déchets, les démarches entreprises pour réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, la prévention des risques liés à des catastrophes industrielles.
  • S : le critère social : le respect de la parité femmes/hommes et du nombre de personnes en situation de handicap, la prévention des accidents du travail, la formation continue et plus globalement le respect du droit du travail et du dialogue social dans la politique de management.
  • G : le critère de gouvernance : le respect de la transparence vis-à-vis de la rémunération des dirigeants, les relations avec les actionnaires, la composition de l’équipe de direction et du conseil d’administration, la lutte contre la corruption et les pratiques de lobbying.

Chaque année, les investisseurs institutionnels doivent publier le niveau d’intégration de ces trois critères dans leurs opérations d’investissements.

Trois nouveaux règlements européens

L’Union européenne cherche aussi depuis plusieurs années à réorienter les flux financiers vers des activités plus durables, respectueuses de l’environnement et de l’humain.
C’est ainsi que le règlement « Disclosure » (divulgation) est entré en vigueur le 10 mars 2021. Son titre complet est « Sustainable finance disclosure regulation » (SFDR) : il impose aux acteurs financiers européens de publier leurs informations en matière de finance durable.  

A quoi se sont ajoutés les règlements « Climate transition benchmarck » permettant d’analyser les pratiques concurrentielles (benchmarck) en matière de transition climatique, puis « Taxonomie » (classification), qui liste les activités économiques selon leur potentiel de contribution aux objectifs environnementaux fixés par l’Union européenne.

La France encore plus stricte

Pendant ce temps en France, un décret a étendu le périmètre des obligations de transparence ESG aux activités de gestion de portefeuille et d’investissement des banques, des établissements de crédits et des entreprises d’investissement.
Les fonds immobiliers font également leur entrée dans le dispositif. L’accent est mis sur la convergence nécessaire entre la gestion des risques financiers conventionnels (crédit, liquidité) et la gestion des risques relatifs au climat et à la biodiversité. En outre les informations statiques ne suffisent plus.
Il faut montrer une démarche d’amélioration continue dans la prise en compte des critères ESG. L’important n’est plus de constater où en sont les acteurs financiers, mais d’évaluer les opportunités d’amélioration et les corrections à opérer si les objectifs fixés ne sont pas atteints, si possible avec un calendrier.

Quid du secteur de l’assurance ?

Sans conteste, cette pression règlementaire est un moteur pour les investisseurs, notamment ceux de l’assurance. Elle les encourage à réfléchir à l’investissement durable non plus en tant que risque mais en tant qu’opportunité : ils réalisent qu’une approche ESG ajoute de la valeur à leur gestion et contribue aux bons résultats de leurs investissements mais aussi de leur réputation.

C’est ainsi que l’investissement responsable a aujourd’hui le vent en poupe en France comme partout dans le monde, autant chez les investisseurs institutionnels que chez les particuliers.
Fin 2019 selon l’Association française de la gestion financière (AFG), l’intégration de critères ESG dans les stratégies d’investissement constituait plus d’un tiers des encours totaux en France, soit 1 315 milliards d’euros.
Et la croissance continue malgré la pandémie. Celle-ci a même permis de mettre enfin l’accent sur les préoccupations sociales (le « S » d’ESG), alors qu’auparavant les questions environnementales prédominaient.  

Le Climate transparency hub (CTH)

Le Climate transparency hub (CTH) est une plateforme en ligne créée pour accompagner la transparence climatique des institutions financières. Sur la base du volontariat, il centralise les exercices de « reporting climat », les synthétise et étudie le développement des pratiques.

L’outil est développé dans le cadre du projet LIFE Finance ClimAct piloté par l’ADEME (l’agence de la transition écologique) et le ministère de la Transition écologique, en collaboration avec l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), 2 Degrees Investing Initiative (2DII), l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) et Finance for Tomorrow (F4T). Adresse : www.climate-transparency-hub.ademe.fr.

L’enquête ESG 2021 de BNP Paribas

Depuis 2017, BNP Paribas mène une enquête auprès de 356 sondés, dont 211 investisseurs institutionnels et 145 gestionnaires d’actifs, sur leur prise en compte des enjeux ESG. Dans sa dernière édition livrée en 2021, il apparaît que celle-ci a beaucoup a progressé.
Ainsi 66 % des sondés affirment intégrer les critères ESG dans près de la moitié de leurs portefeuilles et il y en a même 22% qui en intègrent dans au moins 75 % de leurs portefeuilles.
Alors qu’en 2019 « aucun répondant n’envisageait que ce serait le cas en 2021 », souligne l’enquête.

Il faut dire que le « savoir-faire ESG » se diffuse : 45 % des investisseurs institutionnels affirment que les critères ESG ne relèvent plus du domaine réservé d’équipes spécialisées : ils les intègrent eux-mêmes à leur organisation (en 2019 ils n’étaient que 23 % à l’affirmer).
L’enquête montre aussi que dorénavant la réputation ESG commence à primer sur la recherche de la performance. Un seul point noir : le critère social qui reste le plus difficile à intégrer, pour 51 % des répondants « en partie à cause d’un manque de données adéquates ».

 Source : www.securities.cib.bnpparibas/fr/enquete-esg-2021/

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Edouard S.
Co-fondateur de manouvelleassurance.fr
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